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Harmonie

Lire une grille d’accords à la guitare

Une grille d’accords est une carte compacte de l’harmonie d’un morceau. Ce n’est ni une tablature ni une partition complète. Une fois ses mesures, ses symboles d’accords et ses signes de reprise compris, elle sert à préparer une répétition, accompagner un chanteur ou organiser son travail.

Commencez par deux questions

Au minimum, une grille indique quel accord jouer et quand l’harmonie change. Beaucoup précisent aussi les parties, les reprises ou certains accents rythmiques. Si aucune position ni aucun rythme ne sont écrits, ces choix restent ouverts : une même progression peut ainsi recevoir des arrangements très différents.

Dm7mes. 1 G7mes. 2 Cmaj7mes. 3-4

Une grille n’est pas une tablature

La tablature indique principalement où poser les doigts. La notation traditionnelle peut préciser les hauteurs, les durées et le rythme en détail. La grille se concentre sur l’harmonie et laisse une partie de l’interprétation au musicien.

Les musiciens utilisent couramment ce format compact pour transmettre un morceau sans écrire chaque partie instrumentale. Les mêmes quatre mesures peuvent donc être arrangées en bossa, en shuffle ou en ballade sans modifier la suite d’accords.

Lisez-la comme ça De gauche à droite, mesure par mesure, comme une phrase. Chaque barre verticale est une barre de mesure. Chaque symbole est l’accord qui occupe cet espace.

Les mesures : combien de temps dure un accord

Les barres verticales | découpent la musique en mesures. À 4/4, une mesure vaut quatre temps — comptez « 1 2 3 4 » et vous avez joué une mesure.

| C | Am | F | G |
  ^    ^    ^    ^
  4    4    4    4    temps chacun

Quatre mesures, un accord par mesure, quatre temps chacun. Comparez maintenant :

| C  Am | F  G |
  ^   ^    ^  ^
  2   2    2  2      temps chacun

Dans une grille simple où les symboles sont espacés régulièrement, deux accords dans une mesure à 4/4 signifient souvent deux temps chacun. C’est une convention fréquente, pas une règle universelle. Si les changements sont irréguliers, la grille doit l’indiquer par l’espacement, des barres de temps, une notation rythmique ou un autre repère. En cas d’ambiguïté, vérifiez le rythme avec l’enregistrement ou le responsable du groupe.

Vous croiserez aussi des barres obliques qui marquent les temps :

| C  /  /  / | Am  /  Dm  / |

Dans cet exemple, chaque emplacement représente un temps. La première mesure garde C pendant quatre temps ; la seconde garde Am deux temps, puis Dm deux temps. La convention des barres obliques peut varier selon le système de notation : consultez la légende ou les mesures voisines lorsqu’elle est fournie.

Lire les symboles d’accords

Chaque symbole se construit pareil : une fondamentale, puis une nature, puis les enrichissements. Lisez dans cet ordre et plus aucun symbole n’est mystérieux.

C

Lettre seule = accord majeur. Notes : do, mi, sol. Clair, stable, posé.

Cm

« m » (ou « min », « − ») = accord mineur. Do, mi♭, sol. Même idée, tierce abaissée.

C7

Septième de dominante. Do, mi, sol, si♭. L’accord de tension — il veut aller quelque part.

Cmaj7

Septième majeure (aussi « CM7 », « C△ »). Do, mi, sol, si. Reposé, coloré — ce n’est pas un C7.

Cm7

Septième mineure. Do, mi♭, sol, si♭. Le cheval de trait du degré II.

Csus4

La tierce est remplacée par la quarte. Do, fa, sol. Ni majeur ni mineur — suspendu.

Les altérations s’accrochent à la fin : C7♭9 est un C7 dont la neuvième est abaissée, Cm7♭5 est un Cm7 à la quinte abaissée. Le symbole se lit toujours fondamentale → nature → ce qui change. Les symboles d’accords sont internationaux : ils restent dans cette notation dans toutes les langues — c’est justement pour ça qu’une grille voyage.

Les accords avec basse (C/E)

Un symbole comme C/E se lit « do sur mi » : jouez un accord de C, mais mettez un mi à la basse. L’accord ne change pas — seule la note la plus grave est imposée.

Et ça compte plus qu’il n’y paraît. Une suite comme | C | C/B | Am | Am/G |, ce ne sont pas quatre harmonies différentes : c’est un accord de C avec une basse qui descend do–si–la–sol en dessous. Repérez-le et vous savez immédiatement ce que l’arrangeur voulait.

Attention C/E est un accord avec basse. Une mesure écrite | C / / / | utilise les obliques comme temps. Même caractère, sens totalement différent — c’est le contexte qui tranche.

Reprises, parties et fins

Les grilles sont courtes parce qu’elles refusent d’écrire deux fois la même chose.

‖: … :‖

Barres de reprise. On rejoue tout ce qui est entre les deux (deux fois, ou autant que marqué).

%

Le signe de reprise d’une mesure demande de rejouer la mesure précédente. Un symbole distinct existe pour reprendre les deux mesures précédentes.

A / B / C

Les lettres identifient les différentes parties. Leur fonction dépend du morceau : A peut désigner un couplet, un thème ou simplement la première section.

1. / 2.

Première et deuxième fins. On joue la première, on reprend, puis on la saute pour prendre la seconde.

Les dernières mesures d’une partie peuvent contenir un turnaround : une progression qui ramène vers le début. Il ne faut pas confondre cette fonction avec n’importe quelle cadence. En Do, | Dm7 G7 | Cmaj7 | est une résolution II–V–I, expliquée dans qu’est-ce qu’une progression II-V-I.

Les quatre symboles qu’on lit de travers

Ces quatre-là causent la plupart des fausses notes d’une première répétition.

C7 vs Cmaj7

Si♭ contre si. C7 porte une tension de dominante ; Cmaj7 donne une autre couleur, plus stable, à l’accord majeur. Cette différence d’une note s’entend clairement.

Cm7 vs Cm7♭5

Sol contre sol♭. La ♭5 donne la couleur demi-diminuée du II mineur — la rater, c’est perdre tout le caractère.

Cdim vs Cdim7

Une triade (do, mi♭, sol♭) contre un accord symétrique de quatre notes (do, mi♭, sol♭, si♭♭). Deux bêtes différentes.

C6 vs Cm6

Facile de sauter le « m » à la lecture. La tierce fait toute la différence entre le soleil et l’ombre.

De la lecture au jeu

Lire une grille, c’est l’étape une. L’étape deux est la question plus difficile et plus intéressante : qu’est-ce qu’on joue par-dessus ? Ça commence par trouver la tonalité du morceau, puis choisir la gamme qui va sur les accords, et enfin voir tout ça sur le manche plutôt que sur le papier.

L’habitude qui sépare ceux qui lisent une grille de ceux qui s’en servent : avant de jouer une note, regardez la grille et demandez-vous quels accords sont identiques, quelle mesure est le turnaround, et où l’harmonie bouge vraiment. La moitié d’une grille est en général de la répétition — l’autre moitié, c’est là que la musique se passe.

Ne plus jamais retaper une grille

GuitarHarmonyLab peut importer une grille claire au format JPEG, PNG ou PDF. Importez la grille, vérifiez et corrigez la détection, puis lancez l’analyse harmonique. Lorsque les accords permettent d’établir un centre tonal, l’application peut s’en servir pour construire un travail sur le manche et des Practice Cards adaptés au niveau choisi. Si la tonalité reste ambiguë, vous gardez la main sur ce choix.

À propos de l’auteur GuitarHarmonyLab est développé par Nicolas Alteirac, développeur web et professeur de guitare en Lozère. Découvrez l’histoire du projet.

Voyez votre grille sur le manche

Apportez une grille sur laquelle vous travaillez et transformez-la en notes réellement jouables.

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